Club 89 Touraine

 

 

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Réunion du 16 février 2006 

Intervention de Monsieur Rouxel  Président du MEDEF de la région Centre

CLUB 89 TOURAINE

 

Présentation :  Monsieur Rouxel est  Chef d’entreprise, Expert comptable et Président du Médef de la Région Centre. Il a bien voulu, malgré ses lourdes charges nous consacrer la soirée pour répondre à nos interrogations.

 

Dans un premier temps Monsieur Rouxel fait le point sur le tissu économique français national et local :

LE TISSU ECONOMIQUE  NATIONAL FRANÇAIS :

            ►il diffère grandement du tissu économique allemand. Ce pays compte beaucoup de grosses PME à capitaux familiaux  mais de grande taille  (600, 700 , 800  personnes).

            ► les particularités françaises : notre pays compte environ 2 400 000 entreprises,  mais il y en a 1 200 000 qui ont 0 salarié.(artisans, commerçants, artisans, marchands ambulants). La tranche suivante d’entreprises a entre 10 et 20 salariés. On peut les estimer à 1 050 000  entreprises. Les entreprises qui comptent moins de   10 salariés représentent 93% de entreprises françaises. On n’évoque généralement  en France que les grosses entreprises  (comme Michelin, Danone, Total…) et on confond ces entreprises là avec l’ensemble des entreprises françaises. Les entreprises qui vont de 10 à 500 salariés sont un peu moins de 140 000. Les entreprises de plus de 500 salariés sont elles au nombre de moins de 2 000. Aussi quand on retire les 1 000 qui sont cotées en Bourse il en reste environ 1 000.

           

LE TISSU ECONOMIQUE LOCAL :

► En Indre et Loire nous avons 25 000 entreprises soit 1% du nombre des entreprises françaises. Il y a en Indre et Loire  175 entreprises qui emploient plus de 100 personnes. Tant que le monde politique, le monde médiatique et le monde syndical n’auront pas compris que la France est un peuple de boutiquiers et d’artisans, on n’aura pas compris ce qu’est en France le monde du travail, le monde de l’entreprise. Comment dans ce tissu parler de dialogue social, des 35 heures…etc

 

 

Jean DAVID propose ensuite à Monsieur Rouxel  les thèmes de réflexion  retenus par notre Club lors des réunions de septembre et octobre 2005 :

 

1) Le travail est-il considéré à l’heure actuelle comme une mission ? Comme un temps d’activité de production ? Comme l’accomplissement de certaines tâches qui doivent être faites quel que soit le temps consacré à leur réalisation ? A-t-il la dignité qu’il mérite ? Comment s’y situe l’homme ?

On ne peut pas concevoir le travail sans le rattacher à l'anthropologie. L'idée du travail est issue de la conception qu'on se fait de la vie. On peut avoir un travail de type marxiste , purement matérialiste, avec la lutte des classes, et avec une barrière permanente entre des individus qui seraient faits pour s'entendre. Si vous avez une conception matérialo-hédoniste et individualiste, celle qu'on a aujourd'hui, l'homme est considéré comme un individu qui tire un maximum de plaisir de son temps de vie et non comme un être social. Il en découle naturellement une conception du travail. Le travail est alors considéré comme une contrainte; le temps de travail est considéré comme quelque chose qui est prélevé sur des tâches plus intéressantes.

Naturellement le milieu de travail est considéré comme un lieu où, comme une abeille, on prend ce qui nous intéresse et que l'on quitte quand il ne nous intéresse plus. Saint Exupéry disait " La force du travail est d'unir les hommes".

 

Si vous avez une conception noble de l'homme, vous avez une conception du travail complètement différente. A ce moment là, l'entrepreneur qui engage des salariés à son service, parce qu'il en a besoin,  va les promouvoir parce que c'est son devoir, et le salarié qui va rentrer avec une telle conception dans son entreprise va avoir comme impératif de faire son travail le mieux possible (sachant aussi qu'on est dans une solidarité à l'intérieur d'un groupe de travail).

Vous m'avez posé la bonne question car on s'aperçoit que la conception du travail qui a mené à cette folie furieuse des 35H est une conception purement matérialiste qui remonte à 1936 voire au 19e siècle. La loi promulguée en 1999 a été conçue sur des schémas qui remontent à 100 ans. Et ce qui est grave, c'est qu'aujourd'hui ces dispositions ont transformé la mentalité française.

Je me situe dans la 3e hypothèse que j'ai donnée tout à l'heure où l'homme est un absolu et où l'entrepreneur n'a qu'un seul devoir dans sa vie: c'est de fournier du travail, un salaire plus que décent et véritablement convenable ( notion de juste prix et de juste salaire). Il a le devoir permanent de promouvoir ses salariés, de rendre le service le meilleur à ses clients et de respecter ses engagements en général.

 

Il y a 4 grandes vertus cardinales pour un entrepreneur: la prudence (non la pusillanimité) c'est à dire savoir analyser une situation et prendre la meilleure décision possible en fonction des circonstances dans lesquelles on se trouve.

La 2e vertu, qui est essentielle, c'est la tempérance, c'est à dire la modération dans les appétits humains. Notamment l'entrepreneur ne doit pas maximiser son profit à son seul bénéfice.

La 3e vertu c'est la justice sous toutes ses formes.

La 4e vertu c'est la force et le courage.

Ces vertus sont aussi les qualités d'un salarié qui veut véritablement remplir son rôle dans son entreprise.

A propos des vertus cardinales, vous n'avez pas cité l'humilité et pourtant l'autorité procède de l'humilité.

L'humilité ne fait pas partie des vertus cardinales, cependant le chef d'entreprise doit avoir plusieurs qualités, dont :

1) l'engagement

2) la curiosité, l'ouverture d'esprit

3) l'humilité, parce que rien de grand ne peut se faire sans humilité. L'orgueil est probablement ce qui tue le plus l'unité sociale.

 

2) Quelles sont les causes des conflits sociaux ?

Un adage dit " Noblesse oblige". Plus vous êtes haut placé dans la société, plus vous avez un devoir qui vous oblige vis à vis de cette société et forcément les gens qui prennent des postes pour se servir à l'intérieur d'une société sont les plus destructeurs d'une union sociale. Et je regrette que dans toutes les écoles d'ingénieurs, les écoles supérieures de commerce, l'ENA, les universités…. on n'apprenne plus à ces jeunes qui vont prendre des responsabilités quels sont les impératifs qu'ils auront vis à vis de leurs subordonnés. Personne n'est parfait, mais on a chaque jour le devoir de faire mieux que la veille. Lorsqu'un chef d'entreprise est sincère dans sa manière de travailler avec ses salariés, même s'il a fait une erreur à un moment on la lui pardonnera

Aujourd'hui les médias, le monde politique, le monde syndical guettent une défaillance pour tomber sur le monde des entreprises. Le nombre de patrons voyous n'est pas supérieur à 1%, mais cela suffit pour nuire à l'ensemble.

 

3) Dans le grand public l'image du MEDEF est négative et on
sait que cela vient,  pour une grande part, des enseignements qui nous sont
prodigués: patron = exploiteur ou coupable. Toutefois on peut penser, que la crédibilité du MEDEF ( et des autres organismes patronaux) serait beaucoup plus grande si parfois et de manière forte et audible pour le grand public, il savait condamner les patrons qui  ne respectent pas les lois  et règlements de notre pays ( droit du travail,
environnement ... ).

Un exemple: EA Sellières avait l'habitude de faire une conférence de presse par mois reproduite sur le site du Médef. On a pu y lire des propos extrêmement durs sur les procédés de Métal Europe, mais on n'en a eu aucun écho dans les médias.

Or EA Sellières a des qualités morales exceptionnelles. En réponse à la question posée on peut dire que le Médef n'a pas assez de caisses de résonance pour savoir ce qu'il pense des patrons voyous.

 

4) Comment travaille-t-on dans les autres pays de la Communauté européenne ? La mondialisation est-elle un danger ?

Disons que dans les pays européens de 1ère génération, le système allemand est voisin du nôtre alors que le système anglais est beaucoup plus libéral: on y travaille de façon contractuelle sans limitation réglementaire.

La France a deux caractéristiques qui d'ailleurs interagissent l'une sur l'autre:

            1- nous sommes malheureusement en France dans l'un des derniers pays marxistes d'Europe. Toute la pensée politique française est inspirée de marxisme ( Sécurité Sociale, Fonction publique)

            2- nous avons une conception des relations qui est juridique. Tout doit être écrit. La législation a été multipliée par 4 ou 5 depuis 30 ans, nous sommes à la limite du supportable.

Plusieurs pans de l'industrie française disparaissent sous la concurrence des pays émergents (textile)

 

5) Que reste-t-il de la directive " Bolkenstein"?

Cette directive était catastrophique pour les pays où les travailleurs étrangers s'installaient; mais on peut penser qu'on parviendra un jour à la libéralisation des services dans l'espace européen.

 

6) Les Français refusant de faire certains métiers des ressortissants européens viendront les faire et cela ne résoudra pas notre chômage?

Une restauration du travail manuel est absolument impérative. Par contre les travailleurs européens qui viennent en France sont très motivés. A propos du travail manuel on rappelle une citation de Saint Exupéry dans " Terre des hommes": " La terre nous en apprend plus long (sur nous) que tous les livres. Parce qu'elle nous résiste."

 

7) Quelles sont les effets du temps de travail sur l’économie du pays ? Quelles sont les répercussions de la durée du travail sur la mentalité et le comportement du citoyen français ?

Dans les 2 millions 400 000 entreprises françaises travaillent un peu plus de 15 millions de salariés. Sur ces 15 millions la moitié ne sont pas passés aux 35H.

Mais 7 millions sont passés aux 35H. Calcul: 4H de travail perdues par semaine, multipliées par 7 millions de français= 28 millions d'heures de travail perdues pour 1 semaine.

28 millions d'heures de travail multipliées par 52 semaines= 1 milliard 456 millions d'heures de travail perdues par an.

Si vous divisez par un an de travail normal d'un salarié, soit environ 1600 heures, ce nombre colossal, vous obtenez 910 000 emplois perdus.

Ajoutez à cela l'abaissement de l'âge de la retraite de 65 à 60 ans, soit 5 années de travail qui représentent 6 milliards d'heures de travail, comment voulez vous répartir plus de richesse dans ces conditions là?

Le problème de l'emploi éventuel des chômeurs est faussé en raison de la nature du tissu économique où 2 millions 232 000 entreprises ont moins de 10 salariés.

Sans compter les ouvriers qui voudraient travailler 39H, voire plus. La conséquence de cette loi des 35H a été une démobilisation générale non quantifiable.

Le travail est maintenant considéré comme une marchandise ou même une sous marchandise (répercussion sur les mentalités). La partie noble du travail qui consistait à dire : Je rends service à mon client, a diminué sinon disparu.

 

8) Comment voyez vous l'attitude des jeunes cadres, des médecins généralistes qui ne veulent pas faire plus de 35H?

Les PME sont aujourd'hui très fragiles,les entrepreneurs sont donc très prudents. La modération salariale n'incite pas les gens à travailler.

Ne pensez-vous pas que les jeunes soient moins impliqués dans leur travail ?

Le Papy boom va être une sorte de révolution copernicienne. On va manquer de beaucoup de professionnels.

 

9) Jadis le domaine professionnel et le domaine privé étaient plus imbriqués qu'aujourd'hui. N'est-ce pas une des causes du changement des mentalités?

Mr Rouxel n'a pas d'opinion sur la question mais il remarque que la génération qui arrive sur le marché du travail n'a connu aucune crise grave dans sa vie. Vous avez une vie facile, individualiste, hédoniste. Pourquoi voulez-vous que les gens " se cassent la tête" puisqu'ils arrivent à vivre sans trop travailler.

La facilité de vie est accrue parce que l'homme et la femme travaillent. Tout cela fait une transformation des mentalités.

 

10) Les groupes de qualité et l'évaluation du travail.

Tout ce qui peut toucher à la collaboration des gens de niveaux divers dans l'entreprise pour faire évoluer les choses est excellent.

L'évaluation du travail est un lieu où les gens peuvent dialoguer afin de faire évoluer leur poste. Mais c'est une culture plus japonaise que française. L'accord sur la formation prévoit que le chef d'entreprise doit offrir à ses salariés un entretien individuel d’évaluation tous les ans.

Les syndicats sont généralement opposés aux cercles de qualité et montrent par là qu'ils sont très conservateurs. Dans les entreprises où un dialogue s'est instauré entre les différents niveaux hiérarchiques, les syndicats entrent assez mal.

Les cercles de qualité ont-ils disparu de nos jours?

Il y a un grand problème: c'est celui de la souveraineté dans l'entreprise. Le chef d'entreprise prend tous les risques.

 

11) Les syndicats…….Quel est leur rôle, pourquoi refusent-ils la cogestion et la négociation positive ? Quelle est l’authenticité des relations sociales dans le monde du travail ? Qu’est-ce que le dialogue social ?

Dans le phénomène syndical il n'y a pas que des choses négatives. Il y a 3 syndicats des entrepreneurs en France: l'UPA (les toutes petites entreprises), la CGPME, le MEDEF. 76% des entreprises adhérentes au MEDEF ont moins de 50 salariés.

Représentativité syndicale: sur 10 sièges de représentants, 6 vont au MEDEF, 3 à la CGPME, 1 à l'UPA.

En face si vous avez 10 sièges, 2 vont à chaque syndicat ( 2 CGT, 2 FO, 2 CFTC, 2 CFDT, 2 CGC) .

C'est le paritarisme. Il y a 150 patrons dans les syndicats patronaux du 37.

Ce qui se passe dans ces organismes paritaires est complètement différent de ce qui se passe dans la rue lors des manifestations. Le travail se fait en bonne intelligence. Les représentants des syndicats ouvriers travaillent efficacement dans les réunions paritaires. Ils savent très bien qu'ils s'engagent parfois dans des impasses, mais vivant des cotisations de leurs mandants, ils sont pris dans une sorte de piège. Du côté patronal ce n'est guère plus brillant. Cette mentalité résulte de 100 ans de lutte entre patrons et ouvriers et on risque de mettre autant de temps à effacer ces séquelles. La grande différence entre la France et les autres pays européens c'est que ceux-ci ne sont pas marxistes. Il n'y a pas dans ces pays-là une structure pyramidale, mais une culture de la négociation. Il faut dire que les Allemands ont de façon innée le sens de l'autorité et de la hiérarchie.

Pourquoi n'a-t-on pas corrigé la sous représentativité des syndicats?

Les 5 syndicats ouvriers précédemment cités représentent 8 à 10% des salariés et si on retire ceux de la fonction publique, c'est dans le privé ? de l'ordre de 3%. Malgré cela, les syndicats très minoritaires restent très puissants et conservent un grand pouvoir de mobilisation.

Une proposition est faite : que les grèves soient déclenchées à bulletins secrets. Mr Rouxel pense qu’aucun Ministre du Travail ne prendra cette décision.

Aujourd'hui un principe de réalité est entrain de prendre pied dans les organisations syndicales.

Le dialogue social:

Toute relation sociale présume la confiance. Dès lors que vous présumez la défiance vous allez tuer la société (principe de précaution, traçabilité). Depuis 100 ans on a présumé la défiance entre patrons et salariés ( voir la" Société de confiance" d'Alain Peyrefitte).

Remarque: il y a peu de grèves dans les entreprises privées.

 

12) La formation professionnelle. Que faire de ceux qui sont incapables de s'adapter aux postes de travail actuels et sont tout juste capables de faire de faibles travaux de production?

On s'attaquera d'autant mieux aux problèmes de la mondialisation qu'on augmentera de façon continue le niveau de formation de la population. L'évolution vers les secteurs de services est énorme (jusqu’à 3/4 des employés de France, 18% de la population active est dans l'industrie, 6% dans le bâtiment et 4% dans l'agriculture). Il ne reste plus que 7 000 agriculteurs en Indre et Loire. La formation est aujourd'hui un enjeu essentiel, et les entrepreneurs mesurent maintenant que l'effort dans ce domaine n'a pas été suffisant pendant les dernières années.

Le problème c'est la grande masse des gens qui ne sont pas qualifiés. La réponse c'est le chèque emploi universel qui va permettre de développer le service à la personne; ce dernier est notoirement insuffisant en France. Il y a là un gisement important d'emplois qui va pouvoir s'officialiser. La Loi Borloo va revaloriser le travail non intellectuel. Mais tous ces emplois supposent un minimum de formation.

Comment se fait la formation dans les entreprises?

Dans certaines entreprises la formation est prioritaire et dépasse même en moyens financiers les dispositions légales. Cette formation peut aller jusqu'à 10% de la masse salariale. La grosse insuffisance de la formation se trouve dans les toutes petites entreprises. A cela deux raisons:

1- On a souvent l'impression que la meilleure formation est sur « le tas ».

2- C'est le problème de l'indisponibilité du personnel. En effet un salarié qui part en formation sur 10 personnes, c'est 10% de l"entreprise qui est absent. Ainsi comment former la seule secrétaire d'une PME? C'est pourquoi le droit individuel à la formation est une innovation remarquable. Le salarié et l'entrepreneur sont co-responsables de la formation. Si le salarié a un besoin il doit l'exprimer et si ce besoin est réel on a la possibilité de mettre en place des stages de formation en dehors du temps de travail. L'entreprise paie les stages et elle paie en outre la moitié du salaire du salarié dans le cas où la formation a lieu pendant le temps de travail, le salarié acceptant alors de perdre l'autre moitié de son salaire. Le temps de formation peut être imputé sur les RTT qui sont donc pris à 50% par chacun.(Le droit à la formation représente 20H par an qui sont cumulables et valables sur 6 ans). Le salarié peut choisir une formation extérieure à l'activité de l'entreprise en vue par exemple de changer de métier. Il existe plusieurs types de formations : celles qui sont utiles à l'entreprise pendant le temps de travail (comme l'adaptation à une nouvelle machine). Autre type de formation le stage d'anglais d'une secrétaire qui améliore ainsi sa performance au sein de l'entreprise mais aussi sa compétence générale. Cette Loi existe depuis deux ans mais elle n'est pas suffisamment appliquée (manque de jurisprudence).

La validation de l'expérience se met en place. L'entreprise aide à valider et aide l'intéressé à passer par exemple un diplôme d'ingénieur au moyen de cours qui lui sont donnés. Ces diplômes seront dans l'avenir des diplômes Education  Nationale. Un nouveau type de formation se développe: la formation par Internet ( i.learning)

 

L'employabilité est-elle le nœud du problème du chômage?

Il faudrait que chaque arrivant sur le marché du travail se persuade que c'est la formation qu'il se donnera toute sa vie dans les secteurs utiles qui lui accordera le plus de chances d'avoir du travail. La seule chose qui rend employable, c'est que l'on est utile. C'est la responsabilité individuelle du salarié, et plus encore que celle du patron, qu'il faut restaurer.

Est-ce que chez les employés et les  entreprises existe un désir de formation culturelle et pas seulement professionnelle?

Non pour des entreprises trop fragiles.

Oui pour des entreprises d'une certaine taille (30 à 50 salariés).

Oui aussi à travers les Universités d'été (on y trouve du technique et du culturel).

Les entrepreneurs aiment bien aussi les activités sportives pour leur personnel (rallyes d'entreprise).

 

13) Le chômage

Propos liminaire de Monsieur Rouxel: On crée beaucoup d'entreprises mais beaucoup disparaissent aussi.

Monsieur Rouxel n'a jamais vu un patron fermer son entreprise sans un grand serrement de cœur à cause du personnel.

Le chômage est toujours un drame et un échec pour le chef d'entreprise.

Surqualification et sous qualification sont-elles génératrices de chômage?

Le monde occidental est fondamentalement malade. Il a vécu des crises terribles: les 2 guerres mondiales, la marxisation de la moitié de l'Europe. L'Europe est une société qui est un peu à bout de souffle. Cela se traduit par la dénatalité (signe d'une société qui ne croit plus en elle) ; à cet égard on est dans une culture de mort.

Le chômage n'est pas d'abord un problème d'économie mais un problème de civilisation. En 1971 il y avait 169 000 chômeurs en France. J Paul II a pu dire " Le problème de l'homme aujourd'hui, ce n'est pas un problème matériel mais un problème spirituel, un problème métaphysique." Tant que l'homme occidental ne se posera la question de savoir d'où il vient, pourquoi il est sur terre et ce qui se passera après on sera malheureux.

 Si vous avez la Foi, cultivez la car elle sera l'axe de votre vie. Si vous n'avez pas la Foi, essayez de chercher un sens à votre vie. Aujourd'hui la France est en quête de sens. Les valeurs universelles qui subsistent dans la France d'aujourd'hui ce sont les valeurs chrétiennes de jadis. Lorsque la France aura retrouvé ces valeurs là, elle retrouvera l'aura qu'elle a perdue. Nous ne sommes plus qu'une puissance moyenne (il y a le même rapport entre la Chine et la France qu'entre la France et la Lituanie). Le seul moyen que l'on ait de briller dans le monde c'est que la France retrouve son sens humain et son sens spirituel. On atteindra ce résultat seulement par le travail, il faut retrouver le sens de la vie et le sens du travail en découlera. Ce ne sont pas les problèmes de CPE, de CNE ou l'empêchement de licencier les gens qui ont atteint 55 ans qui changeront les problèmes ; il ne s'agit là que de mesures pratiques.

Remarques :

1- Certains ont perdu les habitudes de travail

C'est une maladie de notre société. Les gens n'imaginent pas que c'est le travail qui fait la richesse.

 

2- Une utopie " le salaire depuis la naissance"

Frédéric Bastia, économiste 1801-1850 écrivait : " L'Etat, cette grande fiction sociale dans laquelle chacun s'efforce de vivre aux dépens de tous les autres"

 Il faudra mettre en place dans la fonction publique le salaire au mérite pour remotiver les gens au travail.

Charles  Péguy écrit en 1913 " Nous avons connu des ouvriers qui avaient envie de travailler. On ne pensait qu’à travailler. Ils se levaient le matin, et à quelle heure, et ils chantaient à l’idée qu’ils partaient travailler…..Travailler était leur joie même et la racine profonde de leur être.

Que reste-t-il aujourd’hui de tout cela ? Comment a-t-on fait du peuple le plus laborieux de la terre ce peuple qui, sur un chantier, met toute son étude à ne pas en fiche un coup. Ce sera dans l’histoire une des plus grandes victoires, et sans doute la seule, de la démagogie bourgeoise intellectuelle. »

 

Conclusion: Jean David remercie vivement Mr Rouxel pour toutes les précisions apportées et surtout pour son grand souci d'humanisme et de spiritualité.

 

 

 

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Dernière modification : 25 mai 2006